Tuesday, July 26, 2005

 

La naïveté des démocraties occidentales

TERRORISME

Pour la deuxième fois en quinze jours, la capitale britannique a été l'objet d'attentats destinés à tuer

La naïveté des démocraties occidentales

PAR JACQUES MYARD *

Le Figaro - 23 juillet 2005

Les commentateurs les plus avisés soulignent l'échec des services de sécurité britanniques qui n'ont pu empêcher la préparation d'attentats de grande ampleur alors qu'ils les avaient eux-mêmes et publiquement jugés inévitables. Il est certain que le risque zéro n'existe pas.Mais la question fondamentale posée par ces attentats dépasse la responsabilité des services de sécurité dont le sérieux et la vigilance ne sont plus à démontrer, même s'ils subissent des échecs dramatiques. Ce qui est en cause dans ces attentats, c'est notre naïveté, la naïveté des démocraties occidentales inspirée de leur conception de la tolérance, de la liberté d'expression et d'association, des droits de l'homme.
De toute évidence, à cet égard, les attentats de Londres marquent un double échec et posent une question de société fondamentale. Ils scellent d'abord l'échec du modèle multiculturel et communautariste des Anglo-Saxons, développé par eux au nom de leur tradition libérale, laquelle a permis d'abriter et de laisser se développer pendant des années en toute impunité une mouvance islamiste prosélyte dont le seul objectif est d'instaurer une théocratie régie par le seul Coran, explicitement contraire aux valeurs démocratiques occidentales. Mais c'est aussi notre aveuglement que de refuser de comprendre qu'une certaine lecture de l'islam, une lecture fondamentaliste, n'est soluble ni dans la tolérance anglo-saxonne ni dans la laïcité à la française.
En réalité, nous nous devons de poser la seule question qui vaille en l'occurrence: que veulent ces islamistes? La réponse est d'une extrême simplicité, voire simpliste: changer la société pour appliquer leur conception du monde, l'islam de la charia, ce qui correspond grosso modo aux règles sociales de l'Arabie saoudite du VIIe siècle de notre ère.
Comment combattre, dans ces conditions, ces illuminés, ces fanatiques qui profitent de nos libertés pour propager leur credo mortifère?On constate qu'ils savent exploiter à merveille les revendications communautaristes, le réveil des identités culturelles et religieuses, qui animent une proportion grandissante des musulmans installés depuis quelques décennies en France et en Europe.
Ce retour aux sources est surtout l'apanage des jeunes de la troisième génération, parfois en échec social mais pas toujours, qui se laissent séduire par la vision sans faille globale et holistique que leur offre l'islam: l'islam est la solution. Mais gardons-nous de croire que le chômage, la pauvreté, l'exclusion sociale sont les seuls facteurs de développement de l'islam fondamental et radical. Certes, ces éléments peuvent jouer un rôle et créer un terreau propice, mais ils ne sont pas déterminants, car les islamistes n'ont pas pour objectif d'éradiquer la pauvreté mais d'instituer une société conforme à des règles coraniques. Leur objectif est politique au sens où il sous-tend l'organisation de la cité.
Ce n'est pas la première fois que les démocraties doivent faire face à un tel défi. Au début du XXe siècle, les communistes révolutionnaires s'étaient fixé un objectif similaire visant à instituer une société sans classes grâce à la dictature du prolétariat. L'enjeu aujourd'hui est analogue, mais de sources différentes. Voilà pourquoi il ne s'agit pas de lutter contre une religion, si tel était le cas, la lutte est vouée à l'échec, car elle contredit nos propres principes, la liberté religieuse. En revanche, nous sommes parfaitement armés pour refuser une vision sociétale archaïque qui ne correspond en rien à la volonté du suffrage universel du XXIe siècle. Notre réponse doit être politique et non religieuse, car l'attaque est politique.
Dans ces conditions, la loi sur le voile n'est pas une norme antireligieuse, mais une règle de société. L'égalité des sexes, le statut de la femme ne peuvent donner lieu à discussion en fonction d'un credo religieux, mais doivent être appliqués sur la base des seuls critères légaux, sans sourciller et avec fermeté, dans tous les lieux publics, sans exception. A cet égard, rechercher l'aval de conseils religieux constitue une faute, et cette attitude est perçue par les intégristes comme un aveu de faiblesse de l'Etat.
Cette réponse politique présuppose à l'évidence que notre société n'accepte que celles et ceux qui respectent et défendent nos règles. Il n'y a aucune honte ni aucun réflexe raciste à refuser d'intégrer des hommes ou des femmes dont l'objectif est de renverser les principes de la République. Le contrôle de l'immigration et des naturalisations devient une priorité nationale.A défaut de cette fermeté, nous laisserions se constituer sous nos yeux, par lâcheté et aveuglement, une véritable cinquième colonne qui engendrera inéluctablement la guerre civile.* Député des Yvelines (UMP), maire de Maisons-Laffitte, président du cercle Nation et République.

Comments:
Tous les citoyens musulamns présumés coupables ?
http://zarabes.blogspirit.com
 
Post a Comment

<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?